Livres

La fleur au fusil

La fleur au fusil

George Oxley

Editeur : ALTERNATIVE , collection manifesto

“Je suis d'la mauvaise herbe, braves gens..."


En ce moment, la Commission européenne hésite à se prononcer sur le renouvellement de l'autorisation d'utilisation du glyphosate (le Roundup, l'herbicide de Monsanto) dans les Etats membres de l'Union, mais l'hypothèse de l'acquisition du géant américain par l'allemand Bayer pèserait sans doute bien davantage encore sur la décision finale que la querelle scientifique “cancérogène pour l'homme, ou pas ?" .


C'est comme ça, sus aux mauvaises herbes ! La terre agricole, partout, doit ressembler à une plage de sable fin, parfaitement ratissée, avant que le plagiste n'installe ses parasols. Viendront ensuite les engrais, puis les insecticides, les pesticides, les fongicides... Et le jardinier amateur, souvent, ne fait pas mieux. On a même préparé le terrain, à une époque, à la dynamite : la société américaine Dupont de Nemours, raconte George Oxley1, préconisait au début du XXe siècle de nettoyer la terre de ses mauvaises herbes en plaçant des bâtons de dynamite tous les trois mètres. Pour “économiser de l'argent, du temps et du travail", pour “garantir un sol nouveau et riche, plus d'hectares, plus de nouvelles récoltes", allumez la mèche !


Ce déni du sol, signe d'une ignorance crasse de la botanique couplée à un mépris de fer des connaissances acquises par les sociétés primitives dans la gestion respectueuse de leur milieu de vie, est une cause majeure du changement climatique qui menace aujourd'hui l'humanité entière.


Pour l'auteur de La fleur au fusil, ces plantes sauvages honnies ont permis de tout temps à des populations qui avaient appris à les connaître de s'en nourrir et de les utiliser comme médecine. Plus près de nous, dans l'horrible guerre civile qui a déchiré la Yougoslavie, elles ont permis aux habitants de Sarajevo de survivre pendant quatre années dans leur ville assiégée, sous la menace constante des bombes et des snipers, en les accommodant de mille façons.


Dans les recettes que George Oxley a décrites au cours de l'émission “On ne parle pas la bouche pleine", sur France Culture2, on sentait même que l'art culinaire n'était pas totalement absent dans la façon de préparer cette maigre pitance, preuve qu'en des circonstances moins tragiques les plantes sauvages mériteraient, sur ce plan-là au moins, qu'on y prête une tout autre attention.


Voilà pour les fleurs et la guerre. Les fleurs ont également une importance primordiale pour le climat. Leur biodiversité sur un terrain laissé en longue déshérence donne des indications essentielles sur la nature du sol, en surface et en moyenne profondeur, ainsi que sur la faune qui y prospère. Les aménagements que l'homme y introduit, par l'agriculture et l'élevage – quand il ne le bouleverse pas par la pollution industrielle ou des travaux pharaoniques –, changent profondément cette flore, qui mettra un temps sans commune mesure avec la durée de la vie humaine pour “réparer", disons réorganiser, son milieu de vie, en liaison avec tous les êtres vivants qui l'entourent – quand bien même on lui laisserait ce temps pour le faire !


C'est une course qui paraît perdue d'avance entre la destruction qui s'accélère depuis deux siècles à peine d'une nature sauvage, fruit magnifique d'un processus chaotique de plusieurs centaines de millions d'années, et la lenteur nécessaire aux espèces végétales et animales, dans leurs accommodements raisonnables, pour réparer les dégâts. Même si la recherche scientifique a entrepris à marche forcée l'analyse des plantes dans toutes les contrées du monde pour en tirer les substances utiles à la médecine, celles-ci font aussitôt l'objet de brevets avec, en corollaire, des interdictions de plus en plus fréquentes de l'utilisation directe des plantes sauvages elles-mêmes pour se soigner ou pour les cultiver. Dans cette Sinistre Comédie, il semble difficile de garder quelque espérance...


La fleur au fusil, un livre merveilleux d'érudition et de sens pratique, qui montre que le moindre petit bout de terrain vague en ville laissé quelque temps à l'abandon offre un spectacle de sciences naturelles qui fait regretter de n'avoir pas été plus attentif au lycée pendant les cours de botanique.


Christian Charron paru dans La Revue de la MTRL de juin 2016 (n° 90).



1. George Oxley, La fleur au fusil, coll. Manifestô, Alternatives, févr. 2016.


2. http://www.franceculture.fr/emissions/ne-parle-pas-la-bouche-pleine (émission du 17/04/2016)

Continuons l'Europe ! Mais avec qui ?

Continuons l'Europe ! Mais avec qui ?

Pr Jean Matouk

Editeur : Le Publieur

Le professeur Jean Matouk est bien connu des lecteurs de la revue de la MTRL pour ses articles très fouillés sur les questions d'économie de la santé. Son dernier livre traite d'un autre sujet, que nous n'abordons pas, habituellement, dans cette rubrique et dont le titre interrogatif indique assez le doute qui aujourd'hui l'assaille : Continuons l'Europe ! Mais avec qui ?


En fait, plus qu'à l'Europe, cet ouvrage s'intéresse au sentiment européen, lequel, au fil des ans, s'effiloche. "Qui trop embrasse mal étreint", l'Europe des Six suscitait l'espérance, l'Europe à 28 – pourquoi pas à 40 demain ? – devient un repoussoir. De l'extérieur on en rêve, une fois dedans on s'aperçoit très vite que c'est un monstre bureaucratique qui cadenasse les peuples. Il en reste toutefois qui poursuivent l'illusion que notre avenir s'inscrit dans cette chimère – celle de l'Illiade, mi-chèvre mi-lion – qu'est devenue l'Union européenne. Jean Matouk y croit au nom de la raison et nul ne peut contester sa sincérité, mais pourquoi considérer que ceux qui doutent sont nécessairement des démagogues ? Les raisons du désamour sont tout aussi fondées que celles qui entretiennent l'espérance d'un accomplissement prochain.


 


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Vitamine D, mode d'emploi

Vitamine D, mode d'emploi

Dr Brigitte Houssin

Editeur : Thierry Souccar Editions

La plupart des Français sont souvent en manque de vitamine D, surtout à la mauvaise saison. Or la santé de nos os dépend d'un bon taux de cette vitamine car elle favorise l'absorption par l'intestin des minéraux indispensables à l'os (calcium, phosphore, magnésium...) et régule leur fixation dans l'os. Sans vitamine D, pas de bonne structure osseuse !
Le livre du docteur Brigitte Houssin est un véritable mode d'emploi de la vitamine D : qui est-elle ? à quoi sert-elle  ? comment la doser ? comment se la procurer naturellement ? comment se supplémenter ?

Alcool, vin et santé

Alcool, vin et santé

Dr Michel de Lorgeril et Patricia Salen

Editeur : Alpen Editions

En dehors du problème de la dépendance à l'alcool, qui est une maladie à part entière et demande une prise en charge médicalisée, comment l'alcool influence la santé de ceux qui apprécient simplement de boire un apéritif de temps en temps ou un peu de vin à table, à la française ?
Sur la base des données scientifiques les plus récentes, le docteur Michel de Lorgeril, cardiologue et chercheur au CNRS, et Patricia Salen, diététicienne, concluent que consommé avec modération – ce qui est le cas pour 90 % des Français – l'alcool est protecteur, non seulement contre les maladies cardiovasculaires mais aussi contre certains cancers, à condiotion d'avoir en parallèle une alimentation proche de la diète méditerranéenne.