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Lancement d'e-docteur, un outil intelligent d'analyse des symptômes

PARIS, 5 février 2014 (TICsanté) – Le site e-sante.fr et l'éditeur Persomed ont lancé mardi l'outil e-docteur, qui permet aux internautes d'exprimer leurs symptômes et de comprendre les diagnostics envisageables pour prendre la décision la plus appropriée.

Un Français sur deux a déjà utilisé Internet pour rechercher une information médicale, selon un sondage TNS Sofres publié au printemps dernier. Les recherches concernaient à 92 % une maladie ou un problème de santé. Or, « les internautes sont perdus sur le Net, ne savent pas si l'information est fiable ou non, si les symptômes qu'ils décrivent sont graves ou non », observe Arnaud Julien, directeur général d'e-sante.fr

Le site a donc lancé mardi e-docteur, le « premier outil intelligent d'analyse des symptômes ».

A partir des symptômes exprimés par l'internaute, e-docteur pose des questions (dans une base en contenant 3 978) qui suivent une logique médicale. L'algorithme calcule ensuite les diagnostics envisageables, en indiquant leur probabilité. Il informe aussi l'internaute de l'urgence de la situation et de la conduite à tenir : simple autosurveillance, prise de rendez-vous chez le médecin, visite aux urgences, etc. Tout au long du processus, des informations permettent à l'utilisateur d'en savoir plus sur les symptômes, les parties du corps concernées ou les maladies mentionnées.

« Il ne s'agit pas d'une arborescence de questions posées automatiquement, mais d'une logique informatique appelée "logique floue", qui prend en considération la probabilité de l'appartenance d'un symptôme à un diagnostic », explique Loïc Etienne, concepteur de e-docteur.

Ce médecin urgentiste assure avoir travaillé 25 ans sur ce concept, qui est aujourd'hui capable d'identifier 511 pathologies. « C'est le niveau d'un étudiant en 5e année de médecine », souligne Loïc Etienne. « Nous voulons arriver rapidement au-delà des 1 000 pathologies, ce qui s'approche du niveau d'un médecin généraliste », ajoute-t-il.

L'outil a été testé sur 300 patients reçus aux urgences à l'hôpital Lariboisière, à Paris. Dans 67 % des cas, le diagnostic établi par e-docteur était superposable au diagnostic réel établi, et une compatibilité forte existait dans 85 % des cas. « C'est un vrai succès, sachant qu'e-docteur ne se base que sur la symptomatologie et pas sur des examens complémentaires », observe Loïc Etienne.

Les acteurs du projet s'attendent à des critiques de la part des médecins mais se veulent rassurants : « e-docteur ne fournit pas de diagnostic et n'a pas la prétention de remplacer les médecins », insiste le Dr Pascal Gleyze, directeur de Persomed. « Personne n'imagine qu'on pourra, en 2 min 30, remplacer une vraie consultation et des examens complémentaires biologiques, radiologiques, etc. », ajoute-t-il. L'outil ne vise qu'à répondre à la première préoccupation d'un patient : à quoi correspondent les symptômes et quelle conduite faut-il tenir.

Le système, selon ses créateurs, peut néanmoins optimiser les consultations. En se rendant au préalable sur e-docteur, le patient améliore sa capacité à formuler ses symptômes et peut imprimer le rapport de sa visite, ce qui permet un gain de temps au cabinet. En indiquant le degré d'urgence du diagnostic, e-docteur peut aussi désengorger les services d'urgence.

DES ENJEUX DE BIG-DATA ET D'ÉPIDÉMIOLOGIE

Pour Pascal Gleyze, e-docteur peut devenir un levier de connaissance en santé publique. Toutes les données médicales collectées seront mises à disposition du monde médical dans un cadre de recherche et de prévention.

A la fin de sa visite, l'internaute peut renseigner son département d'habitation, ce qui permet de géolocaliser des pics de maladies (grippes, gastro, etc.) ou de mettre en exergue dans une région des pathologies nouvelles ou à forte prévalence. « Par exemple, on pourra observer s'il existe une corrélation entre des céphalées et la présence d'une ligne à haute tension, ou peut-être pourra-t-on lier de nouveaux symptômes à certaines maladies », explique Pascal Gleyze.

L'importance de ces données « oblige à ce que cet outil soit porté par le monde médical, dans le respect des règles de l'art et de la déontologie », souligne le PDG de Persomed. Les données collectées de manière anonyme (l'internaute ne donne que son sexe, sa classe d'âge et, s'il le souhaite, son code postal) ne seront donc pas vendues à des entreprises privées.

Le système est aussi exempt de publicité. Il est financé par le site e-sante.fr, qui espère s'en servir pour doper son audience... et ses propres recettes publicitaires./mb

Source :
http://www.ticsante.com/story.php?story=1738#ixzz2tEDZvhHs

 

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